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26 nov. 2018

La question des microplastiques

Microplastiques : quels enjeux et solutions ?

Le grand public prend peu à peu conscience des enjeux de la pollution des océans mais ce sujet peut encore être source de confusion, notamment en ce qui concerne les termes utilisés. Le mot « microplastique » est un bon exemple : qu’est-ce que le microplastique, exactement ? Est-ce la même chose que du plastique ?

Les microplastiques sont de minuscules particules solides de matière plastique qui s’accumulent dans les océans et autres cours d’eau ; devenant ainsi des déchets. Il s’agit souvent de fragments d’objets en plastique qui se dégradent au fil du temps (microplastiques « secondaires »). Ils ne sont pas solubles dans l’eau, ce qui veut dire que les océans en contiennent de plus en plus.

Dans le débat public, les microbilles (particules de plastique solides pouvant faire jusqu’à 5 mm de diamètre, qui peuvent faire partie de la composition de certains gommages ou autres produits exfoliants pour la peau) sont souvent citées. Il s’agit ici de microplastiques « primaires ». Cependant, la part de l’industrie cosmétique est estimée à uniquement 2 % de la pollution causée par les microplastiques primaires et ce chiffre est en baisse.

Cette infographie sur les sources de microplastiques primaires est basée sur une étude de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Elle ne couvre pas les microplastiques secondaires, issus de la dégradation progressive du plastique.

Cette infographie sur les sources de microplastiques primaires est basée sur une étude de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Elle ne couvre pas les microplastiques secondaires, issus de la dégradation progressive du plastique.

Même si les produits cosmétiques représentent une part très réduite de cette pollution environnementale potentielle, tous les produits cosmétiques mis sur le marché par Henkel à travers le monde sont exempts de particules exfoliantes en plastique. En effet, nous avons très tôt mobilisé nos experts autour de cette question, pour trouver des alternatives et remplacer les produits cosmétiques qui contenaient des microbilles.

Andrea Sättler, qui dirige une équipe chargée du développement de nouveaux produits au sein de la branche Beauty Care, fait partie de ces experts. Nous l’avons interrogée sur l’approche adoptée par Henkel.

Depuis quand le groupe Henkel s’intéresse-t-il au problème des microbilles ?

Nous avons pris conscience de cet enjeu en 2012. À l’époque, le sujet était peu présent dans les médias et seules quelques ONG attiraient l’attention des parties prenantes sur les microbilles. Nous avons très vite compris qu’il fallait trouver une solution car nous utilisions des microbilles dans quelques produits de soin du corps et du visage. Le développement durable ayant toujours été au cœur de nos valeurs, nous devions trouver une alternative rapidement.

Comment a réagi Henkel ?

Nous avons réuni des collaborateurs des différents départements du groupe afin d’identifier l’impact de cette nouvelle donne sur notre gamme de produits et faire en sorte d’être en première ligne pour relever ce défi. Ensemble, nous nous sommes mis au travail sans tarder et avons décidé de remplacer les microbilles plastique par d’autres agents abrasifs, comme le sable de quartz, à chaque fois que cela était possible. Nous avons également arrêté d’utiliser des microbilles dans nos nouvelles formules cosmétiques. L’ensemble des équipes a activement contribué à cette évolution, qui s’est faite de manière très agile.

Quels résultats avez-vous obtenu ?

Nous avons d’ores et déjà accompli beaucoup. Depuis 2014, nos nouveaux produits cosmétiques lancés en Europe ne contiennent plus aucune microbille, et début 2016, nous avons appliqué cette politique à tous les nouveaux produits cosmétiques lancés dans le monde. Je pense que nous pouvons être fiers de cette réussite car cette décision a été prise avant la recommandation officielle émise par l’association professionnelle Cosmetics Europe, en octobre 2015, qui appelle à supprimer les billes exfoliantes de tous les produits cosmétiques à rincer d’ici à 2020. L’industrie cosmétique européenne a d’ailleurs réduit la quantité de microbilles dans ses produits de 97 % entre 2012 et 2017.

Outre les microbilles, d’autres types de polymères sont intégrés au débat autour des microplastiques. Quel est votre avis sur le sujet ?

Malheureusement, il n’existe pas à l’heure actuelle de définition internationale standardisée des microplastiques. Ce manque de clarté est une source d’incompréhension pour les clients, les consommateurs et les autres parties prenantes. Il est crucial de bien faire la distinction entre les microbilles et les polymères solubles dans l’eau car ces substances n’ont pas du tout les mêmes propriétés chimiques. Ces ingrédients ont des fonctions essentielles. Par exemple, les produits coiffants doivent leurs caractéristiques et leur efficacité à certains polymères. D’autres polymères facilitent l’application des produits, notamment en améliorant leur fluidité ou en permettant de stabiliser les huiles de soin.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Je pense que nous sommes sur la bonne voie, et nous n’allons pas ralentir la cadence. Nous cherchons sans cesse à nous améliorer en choisissant des ingrédients toujours plus respectueux de l’environnement pour formuler nos cosmétiques. Nos experts suivent de près le débat actuel et le font avancer en partageant leurs expériences et leurs connaissances. Cela nous permet également de rassurer les consommateurs en leur fournissant des informations transparentes et factuelles.