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7 oct. 2019

Tribune d’expert : le point de vue de Christoph Hoffmann, Directeur Stratégie Corporate de ALPLA

Le plastique à l’épreuve des faits

Rien ne sert de tourner autour du pot : les emballages plastiques ont mauvaise réputation. La pollution croissante de l’environnement a déclenché des débats sociaux et politiques autour des emballages, nourris de faits et d’idées reçues. Le débat en lui-même me semble positif et nécessaire pour l’avenir de notre planète. Cependant, je pense que le plastique a souvent été discrédité à tort.

Notons en particulier le côté passionnel de ces débats. Les gens entendent ou lisent souvent les arguments suivants : de nombreux matériaux pour les emballages sont superflus, éviter les emballages plastiques permettrait non seulement de préserver les ressources fossiles mais aussi de réduire les émissions de CO2, tout en résolvant le problème de la production de déchets. En parallèle, les consommateurs privilégient les emballages en verre ou en métal car ceux-ci sont censés être meilleurs pour l’environnement. Toutes ces informations sont-elles vraies ?

Mythe numéro 1 : Les emballages sont superflus

Les produits frais tels que les légumes, les produits laitiers ou la viande se conservent 10 à 25 jours de plus lorsqu’ils sont emballés. D’autre part, il est communément admis dans l’industrie alimentaire que les émissions de CO2 générées par la production d’emballages représentent moins de 10 % de celles générées pour la production de nourriture au global. Les emballages, hygiéniques et sécurisés, empêchent les produits de se détériorer prématurément. Cette fonction des emballages est tout sauf superflue. Elle est même très importante puisqu’aujourd’hui plus d’un tiers des aliments produits mondialement sont gaspillés. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, ce gaspillage alimentaire est responsable d’au moins 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. S’il était possible d’en réduire ne serait-ce qu’une petite partie, nous éviterions des tonnes d’émissions de CO2. En outre, et c’est encore plus important, cela pourrait contribuer à lutter contre la faim dans le monde.

Dr. Christoph Hoffmann, Director Corporate Strategy, Sustainability & Circular Economy at ALPLA

Dr. Christoph Hoffmann, Directeur Stratégie Corporate de ALPLA

Mythe numéro 2 : Les emballages gaspillent les ressources

Aujourd’hui, seuls 4 % de la production de pétrole brut mondiale est utilisée pour la fabrication de plastique, dont 36 % seulement est transformé en emballages. Je voudrais aborder ce point sous un autre angle : le plastique est un matériau recyclable, tout comme le métal, le verre ou le papier. Cela signifie qu’aucun de ces matériaux ne devrait négligemment se retrouver dans l’environnement. La seule manière d'y parvenir est de conserver ces matériaux à l’intérieur d’une économie circulaire : après consommation, ces produits doivent être triés, retraités et utilisés pour fabriquer de nouveaux produits, tout ceci de manière itérative.

Particulièrement dans le cas de cette économie circulaire, le plastique est plus adéquat que presque n’importe quel autre matériau. Les technologies de recyclage bien conçues permettent de recycler le plastique utilisé des emballages de nombreuses fois, sans perte de qualité et pour un coût raisonnable. À partir des matériaux recyclés, des emballages totalement fonctionnels peuvent être créés, respectant ainsi le principe « bottle-to-bottle ».

Le recyclage est aujourd’hui considéré comme un moyen important d’éviter le gaspillage. En revanche, beaucoup de gens ignorent qu’il contribue également à la protection du climat. Par exemple, le plastique recyclé produit par l’une de nos filiales (l’équipe de recyclage PET de Wöllersdorf) ne génére qu’un dixième des émissions de gaz à effet de serre en qui seraient générées par des matériaux dit « vierges », ou des plastiques neufs.

Mythe numéro 3 : Les emballages en verre ou en métal sont meilleurs pour l’environnement

Si l’on se fie à certaines enquêtes et articles de presse, les consommateurs sont plus enclins à acheter des produits avec des emballages en verre ou en métal. Cependant, si l’on y regarde de plus près, ces matériaux ne sont pas aussi respectueux de l'environnement qu’il n’y paraît. Pour nourrir le débat de façons objectives, une société de conseil indépendante a préparé une étude pour ALPLA sur l’impact environnemental des emballages. Nous disposons ainsi de résultats détaillés pour des solutions d’emballage classiques de différents produits, tels que l’eau minérale, les produits alimentaires, ou les lessives, et ce pour différents pays.

Je voudrais ici mettre en avant un exemple : les bouteilles en verre pour l’eau minérale sont bien plus lourdes que les bouteilles en PET.  Transporter ces bouteilles en verre produit donc plus d’émissions de CO2. Lors du processus de recyclage, la température nécessaire pour faire fondre le verre est bien plus élevée que pour le plastique. Ces faits montrent que les bouteilles en verre non consignées ne sont pas spécialement plus respectueuses de l’environnement que des bouteilles en PET non consignées faites à partir de matériaux recyclables. Les faits concernant les bouteilles réutilisables sont encore plus éloquents : plus la proportion de matériaux recyclés présents dans les bouteilles en plastique est élevée, plus leur impact environnemental est faible comparé aux bouteilles en verre, qui permettent de boucler la boucle. La collecte et la réutilisation sont deux actions logiques : elles économisent des ressources et évitent les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, chacun peut lire entre les lignes un message complètement différent : en tant que consommateurs, nous avons le pouvoir. Nous devons vérifier les faits et ne pas nous laisser influencer par nos émotions. Nous devons consommer de manière responsable et acheter le produit plus que l’emballage. Je pense que le plastique est un matériau recyclable aux propriétés intéressantes que nous devons utiliser de manière responsable, comme toutes les autres ressources.